Dans son souci de mettre la data au service des acteurs de l’industrie immobilière, iread [NDLR Groupe Business Immo] a développé un outil applicatif, baptisé iview. Arnaud Syoën, Managing Director de la société, nous présente les spécificités de cette nouvelle solution et son apport pour les investisseurs et les développeurs.

Business Immo : Dans la lignée des services proposés par iread, vous lancez l’outil iview. De quoi s’agit-il ?

Arnaud Syoën : iview est une application conçue comme un outil structuré pour accompagner les investisseurs, les développeurs et leurs conseils (experts, brokers, etc.), sur la phase amont de qualification d’un deal ou, plus globalement, de la qualification d’un bien immobilier, de la compréhension de son environnement, de la mise en perspective de son contexte. Une version bêta était en test depuis l’automne. Elle a fait place à une version « release » mise en ligne au début de l’année.

Business Immo : Les conseils disposent de leurs propres bases, les investisseurs se munissent d’outils, les promoteurs leur emboîtent le pas. Comment est né iview ?

AS : Nous avons étudié la vie du cycle d’un deal (de la LOI au signing) ou d’un développement. Parmi les différentes composantes du cycle, la phase amont a attiré notre attention par la perception que pouvaient en avoir les acteurs : une perception paradoxale. Cette phase amont constitue un passage obligé dans la compréhension de ce qui participe à la constitution de la valeur d’un actif, mais elle est considérée comme une phase trop chronophage et ce faisant ayant moins de valeur aux yeux des analystes que la revue d’un état locatif par exemple ou encore l’examen d’un planning de travaux.

Ce paradoxe est renforcé par trois points de douleur qu’iview vient cibler : le timing des deals ou des missions de conseil qui se compressent, le besoin de dépasser le « sentiment de marché » par des données chiffrées et… des données chiffrées nécessaires, mais à ce stade complétement désagrégées, complétement éparpillées chez différents providers de data.

Brique par brique, notre outil ambitionne d’adresser ces trois obstacles en un clic et de permettre aux analyses de dégager de la valeur de cette phase souvent négligée par manque de temps.

Business Immo : Et plus précisément, de quoi se composent les briques d’iview ?

AS : Un actif, c’est aussi une adresse, un territoire et un quartier. Avec iview, il est possible d’obtenir, le temps de générer un tableau de bord, un ensemble de données clés sur le territoire attenant à un actif immobilier. Tout d’abord, on a accès à une première photographie de la situation géographique – densité, nombre d’habitants… Au-delà de cette première observation, iview propose des visuels complets permettant d’observer les variations de populations et les profils sociaux économiques des habitants, le nombre de transactions à la vente sur ce secteur, le portrait économique du territoire…

L’utilisateur peut élargir ou restreindre l’étude à un certain nombre de « grands quartiers » de 10 à 20 000 habitants, et ce pour toutes sortes de typologies urbaines : des métropoles jusqu’aux communes de deuxième ou troisième rang. Notre outil donne aussi accès à des informations sur l’environnement en termes d’équipements publics, d’offres de loisirs/restauration, l’accessibilité en transports ou la création d’entreprises. Enfin, iview dispose de deux atouts majeurs pour nos clients : il permet de comparer toutes ces données dans le temps – jusqu’en 2013 – et entre deux territoires distincts. Cela permet à la fois de faire ressortir la trajectoire d’un lieu, en termes de démographie par exemple, et de mieux identifier ses spécificités par rapport à un autre.

BI : Quelles données utilisez-vous pour concevoir cette solution ?

AS : Pour les données socioéconomiques, la source principale est l’Insee, qui produit des jeux de données très complets. Avec notre connaissance métier, nous sélectionnons les informations qui nous semblent pertinentes pour les acteurs que nous accompagnons. Pour les transactions immobilières, nous nous appuyons sur la base de données « Demandes de valeurs foncières-DVF », avec l’aide de notre partenaire Explore. La base Sirene nous fournit l’ensemble des data qui concernent le volet économique et entreprises d’iview. Mais l’enjeu principal n’est pas de posséder ces data ; plutôt de créer des outils qui permettent à l’utilisateur d’iview de les exploiter pour répondre à ses problématiques. Des outils pour rendre ces data accessibles et intelligibles. C’est plus globalement le fondement de l’ADN d’iread. Avec la volonté de nous situer là où les data et le marché se rencontrent.

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