Promis à un grand avenir dans l’épargne immobilière, les OPCI grand public ont pourtant marqué le pas en 2018. Aussi bien au niveau de la collecte – qui atteint 2,1 Mds€ – que de la performance globale qui tombe à +0,9 %. « Cette situation inédite nous interpelle alors que le marché des assurances-vie, principal canal de commercialisation des produits OPCI, boosté par l’effet flat tax, est en nette hausse par rapport à 2017 puisque 22,4 Mds€ ont été collectés en 2018 (contre 8,3 Mds€ en 2017) », expliquent Marie-Éloïse Gravier, Data Analyst, et Arnaud Syoën, Managing Director d’iread, qui viennent de publier une étude complète sur les OPCI grand public.

Sur la collecte, le montant souscrit sur l’année reste positif mais avec une progression qui se fait de manière plus modérée qu’en 2016 et 2017. Plus précisément, elles atteignent 2,1 Mds€ en 2018, soit une baisse de 47 % des souscriptions nettes par rapport à 2017 (4 Mds€). « Cette baisse reflète une tendance globale du marché des OPCI grand public, où 8 OPCI sur 18 ont enregistré une diminution de leurs souscriptions nettes par rapport à 2017 », indique l’étude d’iread.

Parallèlement au fléchissement du montant des souscriptions, la performance globale des OPCI grand public connaît une baisse globale en 2018 à seulement +0,9 %, soit 3 points de moins qu’en 2017 (+4,1 %). Contrairement à 2017, où les performances étaient portées par l’ensemble de ces composantes, la totalité de la performance des OPCI grand public est réalisée par les distributions (+1,2 %), alors que la valorisation des parts est en recul de 0,3%, détaille l’étude. Ce fléchissement est en partie lié aux performances des marchés financiers en 2018 sur la poche financière des OPCI grand public, qui représente environ 10 % de l’actif net, détaille l’étude. Sur le long terme, la performance s’améliore : +2,7 % sur trois ans (2016-2018) et +3,7 % sur cinq ans (2014-2018). « Le contrat du rendement, même s’il est faible, est tout de même bien rempli sur le moyen terme. La régularité de la performance est de nature à fidéliser les épargnants existants », assure Arnaud Syoën.

Dans ce contexte, la croissance de l’actif net des OPCI grand public a marqué un ralentissement en 2018, en progression tout de même de 16 % d’une année à l’autre. Mais la saison 2016-2017 avait acté une hausse de près de 50 % de l’actif net, après avoir quasiment doublé entre 2015 et 2016 (+ 92 %). Les actifs sous gestion des OPCI grand public dépassent tout de même la barre symbolique des 15 Mds€, à mettre en regard avec la capitalisation des SCPI qui s’élève à plus de 55 Mds€.

« L’ensemble des indicateurs semble illustrer une année contrastée qui aurait vu la naissance d’un nouveau paradigme », souligne Arnaud Syoën. De quoi le ralentissement général des indicateurs OPCI grand public est-il le nom ? S’agit-il de l’expression d’un virage récessif ou bien l’illustration d’une normalisation après deux années record ? iread livre ses analyses dans cette étude.

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