C’est une semaine à marquer d’une pierre blanche. L’Institut Louis-Bachelier a lancé un réseau de recherche académique dédié à l’immobilier commercial. Ce réseau de recherche a vocation à « promouvoir et à enrichir » la recherche scientifique dédiée à l’immobilier détenu pour compte de tiers, en ciblant plus spécifiquement les bureaux. L’initiative embarque dès sa genèse la Direction générale du Trésor et s’appuie sur le concours de l’Aspim (Association française des sociétés de placement immobilier), iread (immobilier, recherche, études, analyses, data) et MSCI.

So what, me direz-vous ? Cette initiative a d’abord le mérite de sortir d’un déni, de reconnaître que l’immobilier ne peut plus se cantonner au seul logement, qui focalise toute l’attention du politique et cristallise (jusqu’à présent) toute la défiance des investisseurs institutionnels. L’immobilier commercial est partie prenante de la fabrique de la ville et, de facto, de notre économie à mesure que s’impose la société des urbains et que gonfle le phénomène de métropolisation. Le premier bénéfice d’ajouter une strate de recherche académique sera de sortir l’immobilier de l’angle mort des décideurs publics.

Et l’un des objectifs ouvertement affichés par l’Institut Louis-Bachelier est d’établir un « meilleur dialogue » avec les pouvoirs publics. Un dialogue tout court, serait-on tenté de dire. Pour cela, le politique a besoin d’une meilleure compréhension de la matière immobilière pour en avoir une meilleure appréhension. Toute l’industrie immobilière se souvient encore de la première note du HSCF (Haut Conseil de stabilité financière) qui alertait sur la question de la valorisation des bureaux parisiens en 2016 et du travail d’explication et de pédagogie qu’avaient dû déployer les professionnels. Les responsables du Haut Conseil sont les premiers à vouloir mieux comprendre une matière complexe pour les éclairer dans la conduite de la politique économique. D’autant que l’immobilier commercial n’embarque pas que des enjeux en termes de stabilité financière, mais aussi sur les plans macro-économique, environnemental, sociétal, territorial.

Renforcer l’analyse scientifique de l’immobilier commercial, c’est également raffermir la connaissance des acteurs sur leur propre filière. Cela ne gomme pas les cycles, ne prévient pas des erreurs, ne limite pas les risques. Mais affiner la compréhension des mécanismes d’un secteur, c’est élargir le cercle des investisseurs susceptibles de s’y intéresser.

La recherche académique est la brique qui manque à l’industrie immobilière pour s’affirmer comme une filière à part entière. L’Institut Louis-Bachelier se présente comme un maçon aguerri.

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